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PETIT HISTORIQUE EN RAPPORT AVEC LES POINCONS :
- L´ANTIQUITE ET LA GENESE DU MARQUAGE DES OUVRAGES EN METAUX PRECIEUX :
L´argent et l´or sont travaillés et entre dans l´histoire de l´humanité il y a près de 6 000 ans au Moyen-Orient. Dès 3 500 av. J.-C., ils font leur entrée en Europe sous forme de produits martelés, en feuilles et en fils. Ensuite, les premières exploitations minières pour extraire les métaux précieux font leur apparition en Europe, dans l´actuel territoire de la Bulgarie. Au fil des siècles, les techniques d´élaboration de ces métaux, la sélection d´alliages naturels, la création d´alliages artificiels, la ciselure, le repoussé, la rétreinte, l´emboutissage, la soudure, vont se développer.
Après l´apparition de l´écriture, à l´âge du Bronze moyen (1 500 av. J.-C.), en Egypte les lingots de métaux, précieux comme communs commencent à porter des indications gravées à la pointe sèche pour spécifier dans quelle ville ils ont été fondus, qui les a vérifié. Plus tard, ces inscriptions seront rassemblées sur des matrices en métal dur pour pouvoir répéter leur marquage de façon rapide.
La teneur et nature exacte des métaux précieux devient un question pour évaluer avec précision la valeur d´un alliage naturel ou artificiel comparé à celui le plus pur connu. Des procédés d´affinage sont mis au point, la coupellation, devient une technique largement employée durant l´antiquité pour obtenir l´or ou l´argent sous une forme épurée. La pierre de touche permet à la couleur du métal laissé sur celle-ci de constater à l´il l´intensité de l´éclat du métal, sa couleur, sa pâleur, pour en évaluer sa teneur. Dès 800 av. J.-C., la pierre de touche est employée en Europe.
Au VII et VI èmes siècles avant notre ère, apparaissent successivement les monnaies d´argent et d´or. Celles-ci sont frappées à l´aide de matrices gravées dénommées « coins ». Tout spécialement pour les premières monnaies d´or frappée sous le roi de Lydie Crésus, il est remarquable de constater combien leur frappe ressemble à du poinçonnage. Ces monnaies étaient réalisées par la coulée de l´or un fusion dans une série de petites cupules creusées à cet effet. Les lentilles d´or obtenues étaient ensuite frappées de plusieurs coups de poinçons souvent de formes carrées.
Ce n´est qu´au cours du III ème siècle avant notre ère que l´affinage des métaux précieux semble être effectué en Europe. A cette période, le roi Hiéron II, souverain de Syracuse, qui avait commandé une couronne en or pur à un forgeron, douta de la teneur en or après l´avoir reçu. Il demanda à Archimède de vérifier si ses doutes étaient fondés sans détériorer la dite couronne. Le savant trouva une solution pour régler ce problème lorsqu´il était dans son bain. Voilà pourquoi il cria son célèbre « Eurêka » à tue tête dans les rues vêtu de quelques gouttes d´eau. Cette technique basée sur la détermination de la combinaison d´un alliage en fonction de sa densité a permis de répondre aux doutes monarque. Cette méthode est aujourd´hui encore employée dans certain cas et porte le nom d´essai hydrostatique.
Durant l´antiquité romaine, la technicité des méthodes d´affinage permet d´obtenir l´argent au titre de 999 millièmes et entre 997 et 999 millièmes pour l´or. A cette époque apparaissent également différentes marques inscrites sur les pièces d´orfèvrerie. Les noms des fabricants, comme celui des donateurs ou propriétaires peuvent ainsi être relevés sur certaines uvres des III et IV èmes siècle de notre ère.
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PETIT HISTORIQUE
- LE MOYEN-AGE :
C´est au VI ème siècles que né la pratique de poinçonner les articles d´orfèvrerie à Constantinople. Cette naissance, bien qu´effective, ne sera pas d´un usage continu et mettra du temps à se propager dans le chao qui règne en ce début de Moyen-âge.
C´est du VII ème siècle que remonte les principales bases de l´orfèvrerie française, incarnées par le célèbre Saint-Eloi. Ce personnage figure sur le sceau des orfèvres parisiens, muni des attributs de sa double activité, un marteau dans la main droite et une crosse dans la gauche. Saint-Eloi est entré dans l´Histoire en se faisant remarqué du roi Clotaire II.
Celui-ci lui confia l´exécution d´un trône en or massif et lui remis la quantité de métal jaune nécessaire pour sa réalisation. Ce roi fut à la fois surpris et charmé d´apprendre que, par un emploi judicieux et habile du précieux métal qui lui avait été confié, Saint-Eloi avait pu exécuter deux trônes au lieu d´un seul. Ce dernier devient l´orfèvre et puis le trésorier des rois Clotaire II et Dagobert Ier. Son disciple, Saint-Ouen, a laissé par traces manuscrites l´histoire de son maître et ami, ainsi qu´une liste des nombreuses uvres exécutées par Saint-Eloi ou sous sa direction. Cette évêque reste aujourd´hui encore le symbole de cet art, en étant saint patron des orfèvres et des métallurgistes.
En 1268, sous Louis IX, le Livre des Métiers, rédigé par Etienne Boileau, réglemente les corporations d´arts et métiers. Sous son onzième titre figure la Charte parisienne des Orfèvres, qui impose notamment aux artisans diverses prescriptions visant à garantir le titre des ouvrages. Les articles II et III des statuts de l'orfèvrerie fixent le titre des métaux employés. Seul "l´or à la touche de Paris, laquelle touche passe tous les ors de quoi on vre en nule terre" et "l´argent qui ne soit aussi bon comme estelins" c´est-à-dire au même titre de la monnaie britannique émise en sterling, sont prescrits pour cet emploi.
En 1275, Philippe III le Hardi prescrit par une ordonnance royale la marque des ouvrages en argent reconnus conformes aux réglements au moyen d´un poinçon propre à chaque communauté d´orfèvres. Un poinçon différent doit être utilisé pour chaque ville possédant une communauté d´orfèvre, c´est en somme la création du poinçon de garantie, certifiant le titre de l´alliage.
En 1313, Philippe IV le Bel, étend l´usage de ce poinçonnage aux ouvrages d´or.
En 1355, Jean II le Bon, par une ordonnance royale, impose à tout orfèvre d´apposer sur les articles de sa fabrication un poinçon spécial représentant une fleur de lys couronnée, muni d´un symbole personnel : le poinçon de maître.
Au début du XV ème siècle, plusieurs arrêtés placent les orfèvres sous la juridiction de la Cours de Monnaies, accentuant ainsi le caractère officiel de leur corps et le contrôle de l´état sur leurs opérations.
Louis XII ordonne qu´un contre-poinçon soit apposé par les gardes du métier après l´essai des pièces, les orfèvres sont tenus d´inscrire sur un registre tous les objets vendus avec indication séparée du prix du métal et de celui de la façon.
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PETIT HISTORIQUE
- LA MONARCHIE :
François Ier fixe le prix de l´or pour le commerce et défini son titre minimum à 22 carats, soit à 916 2/3 millièmes. L´Edit du premier décembre 1543 impose les remèdes de titres pour l´orfèvrerie d´or ; voici son contenu :
ARTICLE PREMIER. - Premièrement que quand à l´ouvrage d´or fin, les maitres jurés de l´etat
d´orfèvrerie de nostredite ville de Paris et autres maistres orfevres de nos royaume, terres et
seigneuries, seront tenus faire les ouvrages d´or auquel seigneuries, seront tenus faire les ouvrages
d´or auquel il n´y aura soudure, à vingt-trois carats trois le marc ; l´once, gros, denier et grain à
l´équivalent.
ARTICLE II. - Et quant à l´ouvrage d´or fin, qui est à vingt-trois carats trois quarts auquel il y aura
soudure, auront lesdits orfèvres un quart de remède, tellement qu´ils seront tenus faire ledit ouvrage à
vingt-trois carats et demy pour le moins.
ARTICLE III. - Et quant à l´ouvrage d´or à vingt-deux carats auquel il n´y aura soudure, n´auront les-dits
orfèvres aucun remède, mais à l´ouvrage plain et massif auquel entrera soudure, auront un quart de
carat de remède ; et en ouvrages creus et chargés de filets et de rapport, pourront avoir demy carat d´or
fin de remède.
Henri II interdit aux orfèvres de travailler l´argent à un titre inférieur à 11 deniers 12 grains de fin, représentant une teneur de 958 1/3 , et l´or à 22 carats. Ce dernier souverain modifie également les modalités concernant le registre des objets vendus, lequel doit faire mention du nom de l´acheteur, de la désignation du produit et de son poids, afin de permettre de suivre la trace des ouvrages commercialisés.
En 1579, sous Henri III, la "taxe générale", également dénommée "droit de remède", est mise en place. Cette redevance s´applique à tous les objets en métaux précieux qui sont mis en vente. Elle est payable au moment où les dits articles sont revêtus du poinçon.
En 1674, sous l´autorité de Louis XIV, le "droit de marque et de contrôle" est instauré par Colbert. Cette décision s´accompagne d´un vaste mouvement de rationalisation des impôts avec l´instauration de la Ferme Générale. Une institution royale de la perception avec ses poinçons propres de charge et de décharge et ses règles particulières de marque s´est progressivement mise en place à côté de la réglementation corporative du titre.
En 1679, un poinçon dit de reconnaissance est créé pour marquer les ouvrages importés et vendus par les merciers-joailliers. Ce poinçon n´a qu´un caractère fiscal, il s´applique sur tous les types d´articles, quelque soit le métal précieux composant l´alliage et son titre.
En 1685, un poinçon de marque destiné à marquer les vieux ouvrages remis en vente est mis en service, son appostion entraîne le paiement d´une demi-taxe.
Durant l´Ancien Régime, le poinçonnage des articles en métaux précieux est à la fois complexe et uniforme. Complexe dans le sens où le nombre de modèle de poinçons est innombrable : les poinçons de maître, les poinçons de communauté, les poinçons de la marque, les poinçons d´importation et d´exportation, dont il existe pour la plupart des variétés selon le pièces qu´ils recouvrent, notamment si il s´agit d´or ou d´argent, des ouvrages de petite ou de grande taille, de vaisselle plate ou montée, d´articles modifiés ou d´occasion. Il est toutefois remarquable qu´entre la capitale et la province, les mêmes règles soient appliquées pour cette réglementation, dans un pays où les unités de mesure, les taxes, les lois, sont souvent variables d´une région à une autre.
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PETIT HISTORIQUE
- LA REVOLUTION :
En 1789, dans la nuit du 4 août, l´abolition des privilèges, parmi lesquels figuraient ceux des membres de la corporation des orfèvres, est proclamée.
En 1791, la loi Le Chapelier du 2 mars pose le principe de la liberté du travail et réalise de façon plus concrète l´abolition des jurandes et des maîtrises en interdisant les associations professionnelles. En avril de la même année, les impôts indirects sont supprimés. A partir de cette période, il n´existe plus d´organisme exerçant le contrôle sur les titres des métaux précieux, ni d´impôts sur ceux-ci. L´abondance des fraudes, le laxisme, et le manque à gagner pour l´Etat sont très rapidement ressentis.
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