- INTRODUCTION :
Sous l´Ancien Régime, l´Atelier des Médailles de Paris avait le monopole de la frappe des médailles, jetons et pièces de plaisir en métaux communs et précieux. Avec la Révolution, ce monopole fut abrogé et la frappe de médailles par des ateliers privés se développa dès 1791. Mais en raison de la crise économique que traverse le pays à cette époque, le cuivre et le bronze sont les principales matières premières employées pour cet usage. La médaille est un objet de communication et de propagande révolutionnaire, le buste de la République (future Marianne), le bonnet phrygien et le faisceau de licteur sont des symboles alors très souvent repris.
Bien que concurrencé, l´Atelier des Médailles de Paris perpétue son exercice, riche de son expérience et de son outillage, la qualité des ses produits est rarement égalée. En 1798, la première médaille française de platine y est produite, alors que le métal gris n´est pas considéré comme précieux et que sa valeur est équivalente à celle de l´argent. Cette dernière, qui célèbre le traité de Campo-Formio, est caractérisée par un diamètre de 57 mm et un poids de 173 grammes.
La loi du 19 brumaire de l´an VI (09 novembre 1797), qui modifie les titres des ouvrages d´or et d´argent, n´apporte aucune modification particulière pour les jetons et médailles et laisse leur frappe libre par des fabricants privés.
Suivant l´arrêté des Consuls du 5 germinal de l´an 12 (26 mars 1804), l´article premier impose que la fabrication des médailles, jetons et pièces de fantaisie, appartient exclusivement à l´Atelier des Médailles. Une autorisation spéciale du gouvernement est nécessaire à tous particuliers désirant se livrer à ce type de fabrication. L´article II de cet arrêté stipule que tout dessinateur ou graveur peut dessiner ou graver des médailles, qui seront finalement frappées par l´atelier national avec le coin qu´ils auront établi. Ce texte ne prend pas en compte les médailles à bélières, ainsi que les médailles produite à l´unité ou en petites séries par les technique de moulage et coulée ou de gravure et ciselure directes sur le métal. La promulgation de ce texte semble principalement motivé par le désir de l´Etat de retrouver une forme de souveraineté dans la production d´articles par la frappe afin d´éviter les risques de falsification massive des pièces de monnaie par ce procédé.
Jusqu´en 1832, aucune marque distinctive officielle n´est insculpée sur les articles produits par l´Atelier des Médailles comme c´était déjà le cas durant l´Ancien Régime. A compter de cette date, en raison de la concurrence des autres ateliers monétaires étrangers francophones, tels que Bruxelles ou Genève, l´Atelier des Médailles de Paris doit se démarquer et pour cela le différent du directeur de cet atelier apparaît sur chaque article produit par ce dernier.
Ce poinçon, aussi dénommé "poinçon directeur", représente un motif dénommé "différent du directeur", qui est renouvelé plusieurs fois au cours du dix-neuvième siècle, suivant les changements de directions et d´administrations.
Concernant les métaux précieux, depuis 1804, l´argent est frappé à l´unique titre de 950 millièmes, pour l´or seul le titre de 916 millièmes est accepté par cet atelier. La tolérance de ces titres est alors de 2 millièmes.
- POINCONS DES MEDAILLES DE 1832 A 1879 :
- De 1832 à 1841 :
- De 1841 à 1842 :
- De 1842 à 1845 :
- De 1845 à 1860 :
- De 1860 à 1879 :
- POINCONS DES MEDAILLES DE 1880 A NOS JOURS :
Depuis le premier janvier 1880, le poinçon "corne d´abondance" est insculpé sur les médailles, c´est alors le différent de la Régie des Monnaies. Les précédents titres des métaux précieux sont conservés.
En 1892, le monopole de l´Atelier des Médailles de la Monnaie de Paris commence à se fissurer, certaines entreprises privées sont autorisées à produire des médailles et jetons en alliages communs par la technique de la frappe.
En 1903, le monopole tombe, la frappe de médailles, plaquettes et jetons munis ou non de bélière en métaux précieux, est à la portée des fabricants privés tout en restant sous une surveillance particulièrement rigoureuse de l´Etat.
La décision ministérielle du 16 février 1907 autorise l´Administration des Monnaies et Médailles à déduire des frais de fabrication afférents aux médailles d´argent et d´or frappées dans ses ateliers et destinées à l´exportation, une somme représentant le montant des droits de garantie. Les poinçons spéciaux pour l´exportation sont créés.
La loi du 20 décembre 1920, mise en application dès le 2 janvier 1921, modifie les titres des métaux précieux employés pour frapper des médailles. Ceux-ci sont dorénavant les mêmes que ceux déjà utilisés dans le secteur de la bijouterie.
- Argent : 950 et 800 avec une tolérance de 1 ,
- Or : 920, 840 et 750 avec une tolérance de 1 pour le premier titre et de 3 pour les suivants,
- Platine : 950 .
Durant la seconde Guerre Mondiale, les décorations produites par la Monnaie de Paris sont généralement au dernier titre (800 ) pour l´argent, celles théoriquement en or sont souvent remplacées par le vermeil.
Durant les années 1960, le marché de l´or explose en France, les ventes des médailles participent à alimenter en marge les fortes demandes de métaux précieux. A la fin des années 1960, l´or est souvent frappé en médailles au titre de 999 millièmes. Les médailles ainsi produites sont d´abord marquées au premier titre (920 ), leurs éventuels certificats indiquent le titre effectif. Ensuite des poinçons hybrides voient le jour pour tenter de spécifier le titre de l´or.
Il faut attendre la loi du 23 décembre 1972, pour voir apparaître dès le début de 1973 de nouveaux poinçons. Ceux-ci serviront d´une part à spécifier le changement du premier titre de l´argent (porté à 925 ) et d´autre part à donner un affichage très compréhensible pour les métaux précieux purs frappés.
La médaille est commercialisée comme un produit d´investissement, comme un produit artistique, comme un article rare. De nombreux sujets sont traités, les personnages célèbres, les commémorations, les lieux, les monuments, les pays, les régions, etc.
A compter de 1997, tous les poinçons de la Monnaie de Paris sont modifiés. Ils sont tous contenus dans un contour ovale horizontal avec l´inscription du titre en millièmes.
Il semble possible que depuis août 2001 le titre de 999 millièmes existe en poinçon pour l´argent, l´or ou encore le platine, mais nous ne disposons d´aucune information validant cette supposition.
- Argent pur :
- Argent 950 :
- Argent 925 :
- Argent 800 :
- Or pur :
- Or 920 :
- Or 916 :
- Or 840 :
- Or 750 :
- Or 585 :
- Or 375 :
- Platine pur :
- Platine 950 :
- Platine 900 :
- Platine 850 :
- POINCONS SPECIAUX POUR L'EXPORTATION :
- Argent :
- Or :
- Platine :
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